Felix Gonzalez-Torres—Roni Horn

Felix Gonzalez-Torres—Roni Horn
Author: Éditions Dilecta / Pinault Collection (Eds.)
Publisher: Éditions Dilecta; Pinault Collection
Language: French, English
Pages: 176
Size: 22.5 x 28.5 cm
Weight: 1.0000 kg
Binding: Hardcover
ISBN: 9782373721492
Availability: In stock
Price: €45.00
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Product Description

Catalog of the exhibition “Felix Gonzalez-Torres—Roni Horn”. The exhibition proposed at the Bourse de Commerce is first and foremost a dream, that of being able to present two artists whose work and commitment have meant a great deal to their peers. In the continuity of their deep friendship and based on emblematic works kept by the Pinault Collection, the exhibition brings together the works of one and the other, as if their discussion continued to exist in the present.

In the continuity of a creative exchange between the two artists, nourished for several years and brutally suspended by the disappearance of Felix Gonzalez-Torres, the exhibition at the Bourse de Commerce is made possible thanks to the involvement of Roni Horn, with the support of the Felix Gonzalez-Torres Foundation. Between installations, photographs and sculptures, the dialogue between the two artists is perpetuated through a series of works of fragile beauty and extreme emotional power, all in mirror and light, with the conviction that "the act of looking at each of these objects is transfigured by gender, race, social class and sexuality” (Felix Gonzalez-Torres).

At the heart of their work, and in this exhibition in particular, it is therefore a question of grasping the "intermediate" character of existence, the in-between dimension, caught in this tension between fragile presence and irreducible disappearance. The dialogue between the works of Roni Horn and Felix Gonzalez-Torres is anchored in the balance between these two polarities, between life and death, between the public and the private, the personal and the social, "between the fear of loss and the joy of loving, of growing, of changing, of always becoming more…” (Felix Gonzalez-Torres interviewed by Tim Rollins, in Felix Gonzalez-Torres, New York, ART Press, 1993).

Catalogue de l’exposition « Felix Gonzalez-Torres—Roni Horn ». L'exposition proposée à la Bourse de Commerce est d’abord un rêve, celui de pouvoir présenter deux artistes dont le travail et l’engagement ont énormément compté pour leurs pairs. Dans la continuité de leur profonde amitié et à partir d’œuvres emblématiques conservées par la Collection Pinault, l’exposition fait dialoguer les œuvres de l’un et l’autre, comme si leur discussion continuait d’exister au présent.

Dans la continuité d'un échange créatif entre les deux artistes, nourri pendant plusieurs années et brutalement suspendu par la disparition de Felix Gonzalez-Torres, l’exposition de la Bourse de Commerce est rendue possible grâce à l’implication de Roni Horn, avec la complicité de la Felix Gonzalez-Torres Foundation. Entre installations, photographies et sculptures, le dialogue des deux artistes se perpétue à travers une série d’œuvres à la beauté fragile et à l’extrême puissance émotionnelle, tout en miroir et en lumière, avec la conviction que « l’acte de regarder chacun de ces objets est transfiguré par le genre, la race, la classe social et la sexualité » (Felix Gonzalez-Torres). Au cœur de leur travail, et dans cette exposition en particulier, il s’agit donc de saisir le caractère « intermédiaire » de l’existence, la dimension d’entre-deux, prise dans cette tension entre présence fragile et irréductible disparition. Le dialogue entre les œuvres de Roni Horn et de Felix Gonzalez- Torres s’ancre dans le balancement entre ces deux polarités, entre vie et mort, entre le public et le privé, le personnel et le social, « entre la peur de la perte et la joie d’aimer, de croître, de changer, de devenir toujours plus… » (Felix Gonzalez-Torres interviewé par Tim Rollins, in Felix Gonzalez-Torres, New York, A.R.T. Press, 1993).

Felix Gonzalez-Torres est né à Cuba en 1957. L’ensemble de ses œuvres constitue un projet autobiographique de grande ampleur, à la fois intime et universel, en partage avec le public. Dès le milieu des années 1980, l’artiste crée des œuvres fortement liées à l’intersubjectivité : ses installations – issues de protocoles adaptables aux lieux et aux projets – entrent en interaction avec les visiteurs. Felix Gonzalez-Torres a vécu dans pas moins de quatre pays différents (Cuba, Espagne, où il passa quelques mois, Porto Rico, États-Unis – plus particulièrement New York, où il vécut la majeure partie de sa vie d’adulte). Son œuvre évoque à plusieurs reprises la question du déracinement, de la difficulté de circulation, de la position d’étranger dans un pays d’adoption, et de la nostalgie d’un pays dans lequel on ne peut retourner.

Felix Gonzalez-Torres aborde souvent des thèmes tragiques, liés à la condition humaine – comme la maladie, la perte, la mort –, nourris de thèmes plus politiques tels que l’injustice sociale, l’inégalité économique, l’homophobie. Son travail conceptuel emprunte aussi les voies de l’activisme politique, notamment avec Group Material, un collectif d’artistes fondé en 1979 qui visait à s’imposer comme une voie alternative au système de l’art new-yorkais des années 1980. Constitué, entre autres, de Hans Haacke, Jenny Holzer, Julie Ault, Barbara Kruger, Louise Lawler, ce collectif a réalisé, jusqu’en 1996, des projets et des expositions portant sur des thèmes politiques et sociaux de l’époque.
Le sida, maladie causée par le VIH (Virus d’Immunodéficience Humaine) – dont il meurt à 39 ans en 1996, après son compagnon, Ross Laycock, emporté par la maladie quelques années plus tôt, en 1991 – est au cœur de sa vie et de son œuvre. Empreintes de mélancolie, les œuvres de Felix Gonzalez-Torres proposent un rapport nouveau entre l’art, le public et l’institution. Son œuvre se fonde sur le pouvoir d’évocation, transformant les objets les plus courants en instruments poétiques.

Roni Horn est née à New York en 1955. Après ses études universitaires, elle obtient une bourse qui lui permet d’entreprendre un long voyage à moto, en Islande, un territoire où elle reviendra régulièrement au cours des décennies suivantes, arpentant ses paysages les plus isolés. La singularité de l’île, l’instabilité de son climat, ses paysages changeants et contrastés, ces expériences de solitude sont pour l’artiste une source incessante et primordiale d’inspiration. Initialement influencée par la leçon du minimalisme de Donald Judd, l’artiste s’en éloigne et développe une recherche personnelle qui explore la transformation et la mutabilité de l’art, du temps, de la subjectivité et de l’identité, en soulignant le caractère évolutif de la matière des objets qu’elle produit. Roni Horn décrit son travail comme l’incarnation de l’appropriation de la nature par l’être humain. Elle cherche à donner forme au processus du devenir, comme le montrent ses travaux inspirés du paysage islandais, de la mutabilité et des nuances de l’eau, ou des traits humains. Dans sa pratique artistique, l’identité – individuelle ou géographique – n’est pas un concept figé, monolithique, mais un « état » – comme un état de la matière – soumis à variations, mutations, métamorphoses, et au passage du temps. Son art, riche de multiples pratiques et moyens d’expression, convoque divers médias (dessins, installations photographiques, sculptures, écriture).

Au cœur de son œuvre, il y a également la littérature, et plus particulièrement la poésie. Roni Horn a, dès les années 1980, travaillé avec les mots de poètes (Wallace Stevens, William Blake) et d’écrivains (Flannery O’Connor, Clarice Lispector, Franz Kafka), et tout particulièrement ceux d’Emily Dickinson, que l’on retrouve dans plusieurs de ses œuvres sculpturales, qui souligent ainsi l’importance de la littérature dans la formation de son propre langage formel.

Contributors / contributeurs:
Felix Gonzalez-Torres, Roni Horn, Caroline Bourgeois, Elisabeth Lebovici, Elena Filipovic, Julie Ault